Fiscalité des voitures de collection : taxe et plus-value (2026)
Voitures de collection : taxe forfaitaire de 6,5 % à la revente (art. 150 VI CGI) ou option pour le régime réel des plus-values. Un régime réel mais encadré — qualification, calcul, vigilance CGP.
Par Hervé Coulon, CGP certifié CIF. Mis à jour le 1 septembre 2026.
6 % du prix de vente. C'est la taxe forfaitaire qui s'applique par défaut à la cession d'un véhicule qualifié fiscalement de collection — que la plus-value réelle soit nulle, modeste, ou considérable.
Ce n'est pas une niche de défiscalisation à l'achat. C'est un régime de sortie, avec des règles précises, et une qualification qui ne se décrète pas.
Le principe : deux régimes selon la nature du véhicule
Une automobile ordinaire revendue par un particulier échappe de plein droit à l'impôt sur la plus-value. L'article 150 UA, II-1° du CGI exclut expressément les voitures automobiles (comme les meubles meublants et l'électroménager) du champ de l'imposition des plus-values sur biens meubles.
Un véhicule qualifié de « collection » sort de cette exonération et bascule dans un régime spécifique : celui de la taxe forfaitaire sur les objets précieux (CGI, art. 150 VI à 150 VM).
La qualification « collection » : trois critères cumulatifs
La circulaire douanière n° FCPD1421298C du 8 septembre 2014 (BOD n° 7032) fixe la définition retenue par l'administration fiscale, en matière de TVA comme de taxe sur les objets précieux. Un véhicule est qualifié de collection s'il remplit cumulativement :
- un âge minimum de 30 ans ;
- un état d'origine non modifié substantiellement (châssis, carrosserie, direction, freinage, transmission, suspension, moteur) ;
- un modèle ou type dont la production a cessé.
Une voie alternative existe, indépendante de l'âge : les véhicules ayant participé à un événement historique, ou disposant d'un palmarès sportif significatif en compétition.
Cette qualification est documentaire, pas une appréciation subjective. Sans preuve (attestation FFVE ou constructeur, historique de la voiture), le véhicule reste un bien meuble ordinaire — et retombe dans l'exonération de droit commun.
Le régime par défaut : 6 % du prix de cession
Une fois qualifié collection, le véhicule relève de la taxe forfaitaire de l'article 150 VI du CGI, au taux de 6 % du prix de cession (ou de la valeur en douane en cas d'exportation hors UE), fixé par l'article 150 VK — auxquels s'ajoute la CRDS de 0,5 %, soit 6,5 % au total. La base est le prix de vente, pas la plus-value. Un véhicule revendu à perte supporte la même taxe qu'un véhicule revendu avec une forte plus-value.
L'option pour le régime réel : article 150 VL
Le vendeur peut opter pour le régime de droit commun des plus-values sur biens meubles (art. 150 UA), à condition de justifier la date et le prix d'acquisition — ou de justifier une détention de plus de 22 ans. Dans ce cas, la taxe forfaitaire ne s'applique pas.
Le régime réel applique alors :
- un abattement de 5 % par année de détention au-delà de la deuxième (CGI, art. 150 VC, I) ;
- une exonération totale de la plus-value à partir de 22 ans de détention.
Concrètement : un véhicule acheté 40 000 €, revendu 150 000 € après 15 ans de détention, présente une plus-value brute de 110 000 €. Avec 13 années d'abattement (15 ans − 2), soit 65 % (13 × 5 %), la plus-value taxable tombe à 38 500 €. Imposée au régime des plus-values sur biens meubles (19 % + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026 — un bien meuble n'est pas immobilier), elle supporte environ 14 500 € — à comparer aux 9 750 € de taxe forfaitaire (6,5 % de 150 000 €). L'option n'est donc pertinente que si le contribuable peut prouver son prix d'acquisition et que l'écart de charge le justifie.
Ce que ce régime n'est pas
- Il ne réduit pas l'impôt sur le revenu à l'achat. Aucun mécanisme de défiscalisation n'existe à l'entrée.
- Il ne concerne ni la détention (pas d'avantage fiscal annuel), ni des revenus professionnels.
- Il ne s'applique qu'à la revente, et seulement si la qualification « collection » est prouvée.
Points de vigilance pour le conseil patrimonial
- Marché de niche : liquidité limitée, valorisation volatile, expertise nécessaire à l'achat comme à la revente.
- Coûts spécifiques (entretien, assurance, stockage) qui pèsent sur le rendement net et ne sont pas intégrés dans le calcul fiscal.
- La preuve documentaire (facture d'origine, attestation FFVE, historique de restauration) doit être réunie avant la cession — pas après. Sans elle, ni l'option pour le régime réel ni même la qualification collection ne tiennent.
C'est typiquement le genre de situation où un CGP averti fait la différence : détecter qu'un client détient un véhicule proche du seuil des 30 ans, qu'un dossier de preuve doit être constitué en amont, et que le choix entre taxe forfaitaire et option réelle se calcule — pas se devine.
Pour aller plus loin : la plus-value immobilière · plus-value (définition) · simulateur d'impôt.
Sources
CGI, art. 150 UA, 150 VI à 150 VM (dont 150 VK pour le taux et 150 VL pour l'option) ; circulaire douanière n° FCPD1421298C du 8 septembre 2014 (BOD n° 7032) ; BOFiP-RPPM-PVBMC-10 et 20.
Article à jour à la date de publication ; vérifier les évolutions législatives avant toute application à un cas particulier. Pédagogique, ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé.
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