Prélèvement à la source 2026 : les 4 taux (neutre, personnalisé, individualisé, spécifique)
Comment fonctionne le prélèvement à la source en 2026 : taux neutre, personnalisé, individualisé et spécifique (0 % et 2 %), régularisation en septembre. Point important : aucun taux régional n'existe — pas de taux spécifique Île-de-France.
Par Hervé Coulon, CGP certifié CIF. Mis à jour le 2 juillet 2026.
Le prélèvement à la source (PAS) est le mécanisme par lequel l'impôt sur le revenu est prélevé au fil de l'eau sur les salaires, pensions et autres revenus. Il repose sur quatre taux : neutre, personnalisé, individualisé et spécifique. Une idée reçue tenace circule sur Internet — l'existence d'un « taux régional », notamment en Île-de-France. Elle est fausse : le PAS est strictement national et ne dépend ni de votre région, ni de votre commune. Ce guide fait le point sur les 4 taux en 2026, chiffre l'impact des charges déductibles et liste les pièges à éviter.
Le principe : un acompte, pas un impôt final
Le PAS est prélevé chaque mois (ou chaque trimestre, selon son montant) sur les revenus. Il ne constitue qu'un acompte : le montant définitif de l'impôt est calculé à partir de la déclaration de revenus du printemps, et la différence est régularisée — le solde étant prélevé en septembre. Baisser son taux mensuel ne fait pas disparaître l'impôt : il le déplace vers le solde de régularisation.
Les 4 taux du prélèvement à la source
| Taux | À quoi correspond-il ? | Qui est concerné ? |
|---|---|---|
| Taux personnalisé | Impôt calculé sur la déclaration N-1 rapporté aux revenus : c'est votre taux | Salariés et retraités par défaut |
| Taux neutre | Barème officiel appliqué mois par mois, sans tenir compte de votre situation | Revenus sans taux personnalisé (nouveaux contribuables, indépendants) ; s'impose aussi quand il diffère de moins de 0,5 point du taux personnalisé |
| Taux individualisé | Chaque membre du couple est prélevé selon ses propres revenus | Couples mariés ou pacsés (option) |
| Acompte contemporain | Prélevé directement sur le compte bancaire (le 15 du mois, ou par trimestre sur option), au taux du foyer — pas de « taux spécifique » | Revenus fonciers, BIC/BNC non professionnels, pensions alimentaires (revenus sans collecteur) |
Le taux spécifique de 2 % concerne notamment les revenus fonciers et les BIC/BNC non professionnels : les montants sont prélevés sur les loyers et revenus perçus, puis régularisés en septembre. Le taux de 0 % s'applique à certains revenus versés par des particuliers (pensions alimentaires, salaires d'employé à domicile).
Le mythe du « taux régional » (Île-de-France)
Aucun taux de prélèvement ne dépend du lieu de résidence, du département ou de la région. Les rumeurs d'un « taux francilien majoré » (parfois cité à 4 %) sont infondées : la fiscalité locale (taxe foncière, taxe d'habitation) est prélevée séparément, et n'intervient jamais dans le taux de prélèvement à la source. La seule référence qui fait foi est votre espace particulier sur impots.gouv.fr, qui affiche votre taux réel.
Exemple chiffré : l'impact des charges déductibles
Salarié célibataire, revenu net imposable de 40 000 €/an (≈ 3 333 €/mois) :
- Impôt annuel (barème 2026) : ≈ 5 104 €, soit un taux moyen de ≈ 12,8 %
- PAS mensuel au taux personnalisé : ≈ 425 €/mois, puis solde de régularisation en septembre
Avec 5 000 € de charges déductibles (PER, dons, emploi à domicile déclarés) : le revenu imposable tombe à 35 000 € et l'impôt à ≈ 3 604 € (taux moyen ≈ 10,3 %). Le taux personnalisé intégrant la déclaration N-1, il suffit que vos charges de l'année précédente soient bien déclarées pour que le prélèvement reflète la réalité — sinon, modifiez votre taux directement en ligne.
Comment optimiser son prélèvement
- Vérifier son taux dans l'espace particulier (impots.gouv.fr → Prélèvement à la source)
- Modifier son taux en cours d'année dès qu'un événement survient (perte d'emploi, naissance, mariage, charges nouvelles) : la modification prend effet dans un délai maximal de trois mois
- Opter pour le taux individualisé en couple si les revenus sont très déséquilibrés : chacun paie selon ses revenus propres
- Ne pas oublier les acomptes de crédits d'impôt : les réductions (dons, emploi à domicile) ne passent pas par le PAS — un acompte de 60 % est versé en janvier, le solde après la déclaration
- Anticiper la régularisation de septembre : si vos revenus ont augmenté, le solde peut être élevé — un taux personnalisé à jour le limite
Les erreurs à éviter
1. Croire à un taux régional. Il n'existe aucun « taux PAS Île-de-France » : le prélèvement est national, et les informations contraires sur Internet sont erronées.
2. Ne jamais vérifier son taux. Un taux obsolète (charges déductibles non prises en compte, changement de situation) se traduit par un trop-perçu ou un solde de septembre imprévu.
3. Confondre PAS et impôt final. Le PAS est un acompte : seule la déclaration arrête le montant définitif, et la régularisation de septembre équilibre la différence.
4. Baisser son taux pour « payer moins ». L'impôt final ne change pas : le solde de septembre s'ajuste, avec un éventuel paiement en une fois.
5. Ignorer les acomptes de crédits d'impôt. Les niches (dons, emploi à domicile) sont remboursées séparément : 60 % en janvier, le solde à l'été — il faut les déclarer pour en bénéficier.
FAQ — vos questions fréquentes
Sources et données vérifiées
Ce guide s'appuie sur les règles officielles du prélèvement à la source : art. 204 A à 204 H du CGI, documentation administrative BOFIP (BOI-IR-PAS), et fiches impots.gouv.fr et Service-Public.fr. Barème IR 2026 (art. 197 CGI) vérifié avant publication. Tous les chiffres sont vérifiés avant publication.
Cet article ne constitue pas un conseil fiscal personnalisé. Pour calculer votre impôt réel avec vos charges déductibles, utilisez notre simulateur d'impôt salarié gratuit.
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