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Retraite · 18 septembre 2026

Retraite progressive : toucher une partie de sa pension sans cesser d’en acquérir

Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive est accessible à 60 ans avec 150 trimestres (décret 2025-681). La fraction de pension versée est égale à 100 % moins la quotité travaillée, entre 40 % et 80 %.

Par Hervé Coulon, CGP certifié CIF. Mis à jour le 18 septembre 2026.

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Depuis le 1er septembre 2025, la retraite progressive s'ouvre dès 60 ans, contre 62 auparavant, sous condition de 150 trimestres tous régimes de base confondus — décret n° 2025-681 du 15 juillet 2025. La fraction de pension versée est égale à 100 % moins la quotité de travail conservée, et le temps partiel doit se situer entre 40 % et 80 % de la durée de référence.

C'est le seul dispositif qui permet de toucher une partie de sa retraite tout en continuant à en acquérir.

Le calcul, en une ligne

La règle est symétrique et sans subtilité : la pension versée complète le temps non travaillé.

Pour un travailleur indépendant, la logique est la même mais s'applique à la baisse de revenu professionnel : une diminution de 40 % ouvre droit à 40 % de la pension.

L'arithmétique complète

Salaire à temps plein : 3 000 € brut par mois. Pension de base et complémentaire estimée à taux plein : 1 600 €. Passage à 60 % de temps de travail.

Salaire : 3 000 × 0,60 = 1 800 €. Fraction de pension : 1 600 × 0,40 = 640 €. Total mensuel : 2 440 €, contre 3 000 € auparavant.

La perte est de 560 € par mois, pour deux jours de travail en moins par semaine. Rapporté au temps libéré, le coût réel est bien inférieur à ce que la seule baisse de salaire laisse croire.

Ce qui est souvent ignoré

Les cotisations continuent. Pendant toute la période, l'assuré cotise sur son activité partielle et acquiert de nouveaux droits. À la liquidation définitive, la pension est recalculée en intégrant ces trimestres et ces points supplémentaires — elle est donc supérieure à celle qui aurait été servie en partant directement.

C'est ce qui distingue la retraite progressive d'un simple départ anticipé : elle n'ampute pas la pension finale, elle la construit.

Il est possible de cotiser sur la base d'un temps plein. Avec l'accord de l'employeur, les cotisations retraite peuvent être assises sur le salaire reconstitué à temps plein. Le temps partiel cesse alors de peser sur le calcul futur.

La demande n'est pas automatique et doit être déposée cinq mois avant la date souhaitée, auprès de la caisse de retraite. Le délai est réel : une demande tardive décale le départ d'autant.

Questions fréquentes

Peut-on y accéder avant 60 ans ? Non. L'âge d'ouverture est fixé à 60 ans depuis le décret du 15 juillet 2025, pour les demandes à compter du 1er septembre 2025.

L'employeur peut-il refuser ? Le passage à temps partiel requiert son accord. Un refus doit être motivé par écrit et justifié par des raisons tenant à l'activité de l'entreprise.

Peut-on travailler à 90 % ? Non. La quotité doit rester comprise entre 40 % et 80 %. Au-delà de 80 %, le dispositif n'est pas ouvert.

Que se passe-t-il si je reprends un temps plein ? Le versement de la fraction de pension est suspendu. Les droits acquis restent acquis.

Est-ce compatible avec le cumul emploi-retraite ? Non, ce sont deux dispositifs distincts. La retraite progressive précède la liquidation définitive ; le cumul emploi-retraite la suit.

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Sources

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