Retraite EDF, Engie, Enedis : le régime IEG (CNIEG) en chiffres
Pension = 75 % du salaire statutaire au prorata de la durée validée : le régime spécial IEG (CNIEG) des salariés EDF, Engie, Enedis, RTE et GRDF, avec la formule, un exemple chiffré 2026 et les erreurs à éviter.
Par Hervé Coulon, CGP certifié CIF. Mis à jour le 5 septembre 2026.
Un agent statutaire des Industries Électriques et Gazières part avec 75 % de son salaire statutaire, au prorata de sa durée validée. C'est la règle du régime spécial IEG, géré par la CNIEG. Elle concerne les salariés statutaires d'EDF, Engie, Enedis, RTE et GRDF embauchés avant le 1er septembre 2023.
Qui est concerné : le statut IEG, fermé depuis le 1er septembre 2023
Le régime spécial IEG couvre les agents statutaires des Industries Électriques et Gazières : EDF, Engie (ex-GDF), Enedis, RTE, GRDF. La réforme des retraites de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) a fermé ce régime aux nouvelles embauches à compter du 1er septembre 2023.
Conséquence directe : un salarié embauché depuis le 1er septembre 2023 dans ces entreprises relève du régime général et de l'Agirc-Arrco, pas de la CNIEG. Seuls les agents statutaires entrés avant le 1er septembre 2023 continuent d'acquérir des droits au régime spécial. Avant tout calcul, vérifiez votre statut d'embauche sur votre relevé.
La formule : 75 % du salaire statutaire, au prorata
Pension annuelle brute = salaire statutaire annuel × 75 % × (durée liquidée / durée requise) × coefficient de décote ou surcote.
L'assiette. Le salaire statutaire correspond au traitement des 6 derniers mois, hors primes. Les primes n'entrent pas dans le calcul. C'est la première source d'écart entre le dernier bulletin de paie et la pension.
Le taux. 75 % à taux plein. Un taux porté à 80 % existe dans certains cas liés aux enfants : vérifiez votre situation sur votre relevé CNIEG.
La proratisation. La durée liquidée dans le régime rapportée à la durée requise pour votre génération. Exemple : 38 annuités liquidées pour 43 requises donnent un coefficient de 38/43, soit 88,4 %.
La décote et la surcote. Elles suivent la logique du régime général : 1,25 % par trimestre manquant, avec borne d'âge à 67 ans et plafond de 20 trimestres. Au-delà de la durée requise, chaque trimestre supplémentaire ouvre une surcote.
La réversion. Le conjoint survivant perçoit 50 % de la pension, sous conditions. Ce taux diffère du régime général (54 %) : ne les confondez pas.
Exemple chiffré 2026
Agent avec un salaire statutaire de 60 000 € par an et une carrière complète au régime (43 annuités pour 43 requises) : 60 000 × 75 % × 1 = 45 000 € brut par an, soit 3 750 € brut par mois.
Même agent avec 38 annuités liquidées pour 43 requises : proratisation à 88,4 %, soit 39 767 € avant décote. Avec 20 trimestres manquants, la décote ramène le montant à environ 29 800 € brut par an. La double peine proratisation + décote explique l'essentiel des écarts entre collègues.
Ces illustrations sont calculées avec le module retraite de Qotien (en bêta), qui applique la formule annuitaire du régime. Montants bruts, avant CSG, CRDS et CASA. Elles ne remplacent pas votre relevé CNIEG.
Partir plus tôt, partir plus tard : ce qui bouge
Chaque trimestre manquant coûte 1,25 % de pension (décote), dans la limite de 20 trimestres et jusqu'à 67 ans, âge du taux plein automatique. Chaque trimestre cotisé au-delà de la durée requise rapporte 1,25 % (surcote, article D.351-1-4 du code de la sécurité sociale).
Sur l'exemple à 60 000 € de salaire statutaire : quatre trimestres de surcote ajoutent 5 %, soit 2 250 € brut par an à vie. Quatre trimestres manquants retirent 5 %, soit 2 250 € de moins par an. L'arbitrage d'une année de départ se chiffre ainsi en quelques milliers d'euros annuels.
Les agents exerçant des fonctions ouvrant droit à un départ anticipé (services actifs) disposent de conditions d'âge spécifiques : elles figurent sur votre relevé CNIEG et votre espace personnel. Ne les supposez pas, vérifiez-les.
Lire votre relevé CNIEG : les trois lignes à vérifier
Ligne 1 : la durée liquidée dans le régime. Exprimée en annuités (ou en trimestres). C'est le numérateur de la proratisation. Vérifiez que toutes vos années statutaires y sont, y compris les débuts de carrière et les périodes à temps partiel (comptées au prorata).
Ligne 2 : le salaire statutaire de référence. Le traitement des 6 derniers mois, hors primes. Comparez-le à vos bulletins : l'écart avec votre rémunération totale mesure exactement ce que les primes ne produisent pas en pension.
Ligne 3 : la durée requise pour votre génération. Le dénominateur. Elle dépend de votre année de naissance (172 trimestres, soit 43 annuités, pour les générations concernées par la réforme 2023). Le rapport des deux lignes donne votre coefficient de proratisation.
Trois erreurs fréquentes
Erreur 1 : se croire au régime spécial quand on est entré après le 1er septembre 2023. Les embauchés récents d'EDF ou d'Enedis sont au régime général + Agirc-Arrco. Le statut se vérifie, il ne se suppose pas.
Erreur 2 : inclure les primes dans l'assiette. Seul le traitement statutaire des 6 derniers mois compte. Les primes peuvent représenter une part importante de la rémunération : elles ne produisent pas de pension IEG.
Erreur 3 : appliquer le taux de réversion du régime général. La réversion IEG est de 50 %, pas 54 %. Sur une pension de 45 000 €, l'écart est de 1 800 € par an pour le conjoint.
Questions fréquentes
Je suis embauché après le 1er septembre 2023 : quel régime ? Le régime général pour la base et l'Agirc-Arrco pour la complémentaire, comme l'ensemble des salariés du privé. Votre employeur peut ajouter des dispositifs d'épargne retraite d'entreprise.
Que deviennent mes droits si je quitte EDF avant la retraite ? Les droits acquis au régime spécial sont conservés et liquidés à l'âge de départ. Les périodes suivantes cotisent dans vos nouveaux régimes.
Comment passe-t-on de 75 % à 80 % ? Un taux majoré existe dans certains cas liés aux enfants. Les conditions exactes figurent sur votre relevé et votre espace CNIEG : vérifiez votre situation individuelle.
Quelle pension de réversion pour mon conjoint ? 50 % de votre pension, sous conditions d'âge et de ressources propres au régime. Anticipez ce montant dans votre protection du conjoint.
Où vérifier mes droits ? Sur votre relevé de carrière CNIEG et sur info-retraite.fr pour la vision tous régimes. En cas d'écart entre les deux, le relevé de la caisse fait foi.
Le calendrier : quand s'en occuper
Cinq ans avant. Vérifiez votre durée liquidée et votre salaire statutaire de référence sur votre espace CNIEG. Repérez les périodes à temps partiel et les interruptions : elles pèsent sur la proratisation.
Deux ans avant. Faites chiffrer deux dates de départ (au plus tôt, au taux plein). L'écart proratisation + décote se mesure en milliers d'euros annuels : c'est le chiffre qui décide.
Six mois avant. Déposez la demande auprès de la CNIEG et, si vous avez des périodes hors régime, auprès du régime général et de l'Agirc-Arrco. Chaque caisse liquide séparément.
Sources : formule annuitaire et taux de 75 %, Conseil d'Orientation des Retraites et cnieg.fr ; fermeture du régime au 01/09/2023, réforme des retraites (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023, Légifrance) et cnieg.fr ; réversion 50 %, registre des régimes. Données reprises dans le référentiel sourcé Qotien. Voir aussi le calculateur retraite IEG / CNIEG et le simulateur retraite (module en bêta).
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